Un Conseiller du Ministère Mauritanien Discute de la Construction du Pipeline et de l’avancement du Contenu Local

mauritania. pipeline

Le gouvernement mauritanien envisage-t-il de développer un système de transport dans le pays, compte tenu du fait que la production de gaz de Greater Tortue Ahmeyim (GTA) devrait commencer cette année ?

Nous envisageons de construire une infrastructure de transport par pipeline pour transférer le gaz provenant de GTA une fois que la production aura commencé. Notre objectif est d’étendre le pipeline jusqu’à la région nord du pays, notamment la ville de Nouadhibou, où il y a une activité minière intense. Nous avons engagé une société de conseil pour réaliser une étude de faisabilité détaillée afin d’évaluer la viabilité du système de transport. Un défi majeur auquel nous nous attendons est la distance de 600 kilomètres entre les champs de gaz de la région sud et l’industrie minière dans la partie nord du pays. Si le volume est important, la distance sera moins un problème. Un autre facteur important à prendre en compte est la demande de gaz. Nous devons garantir qu’il y ait suffisamment de demande pour justifier le cas économique d’un tel système et justifier le lancement d’un tel projet.

Comment le développement du pipeline de gaz naturel s’aligne-t-il avec la stratégie globale du pays, telle que le Gas Master Plan, et quels avantages apportera-t-il à l’économie et à la société dans son ensemble ?

Le transport du gaz vers les sites où seront construites les centrales électriques est crucial pour la mise en œuvre harmonieuse du plan énergétique de la Mauritanie. Cependant, les sites de production de gaz sont actuellement éloignés des zones densément peuplées et des centres industriels, ce qui nécessite l’importance d’un transport efficace du gaz pour relier ces éléments. En s’alignant sur la stratégie énergétique, en intégrant le secteur du gaz dans l’économie et en favorisant l’industrialisation, la Mauritanie peut créer un environnement propice à la croissance économique. Cela souligne la nécessité de transporter le gaz depuis les régions à faible densité de population et à faible concentration industrielle vers les zones où ces activités peuvent prospérer.

Pourriez-vous donner un aperçu de la politique nationale de contenu local de la Mauritanie pour le secteur extractif et de la manière dont elle vise à renforcer la participation des entreprises locales ?

La création et le développement du contenu local sont des priorités pour l’industrie extractive de la Mauritanie. L’accent est mis sur le renforcement de l’accès au système d’approvisionnement, l’amélioration des compétences des entreprises locales et de la main-d’œuvre, et la promotion de la transparence. Une nouvelle loi est en cours d’élaboration pour guider les entreprises mauritaniennes locales et accroître la transparence liée au processus d’approvisionnement des sociétés pétrolières et minières multinationales. La stratégie comprend le soutien aux entreprises pour améliorer leurs qualifications, participer aux appels d’offres, comprendre les exigences et accéder au financement pour remplir leurs obligations contractuelles. En ce qui concerne la main-d’œuvre locale, le secteur minier a déjà démontré le potentiel des Mauritaniens à exceller dans des environnements de haut niveau. Nous cherchons à doter les individus de compétences polyvalentes pouvant être appliquées dans différents secteurs pour élargir leurs opportunités d’emploi. Nous travaillons activement à l’amélioration des compétences linguistiques et à la résolution des écarts de compétences, afin d’améliorer les perspectives d’emploi dans les secteurs minier et énergétique.

Comment envisagez-vous le rôle des investisseurs étrangers dans le soutien à la croissance et à la diversification de l’économie mauritanienne ?

Les investisseurs étrangers jouent un rôle essentiel dans le soutien à la croissance économique et à la diversification de la Mauritanie, mais il est crucial de démontrer un engagement envers la communauté. Nous avons constaté un engagement positif de la part de nos partenaires en ce qui concerne le contenu local, les opportunités d’emploi, les initiatives de formation et les investissements sociaux. La transparence et l’ouverture sur le marché local sont également essentielles. Nos partenaires doivent offrir des opportunités de participation locale et des programmes de formation pour permettre aux individus de travailler avec leurs entreprises. Nous sommes heureux de constater que de nombreux partenaires, tels que bp et Kinross, ont déjà pris de telles initiatives.

Comment la Mauritanie aborde-t-elle l’énergie renouvelable et son potentiel pour le développement du pays et la lutte contre le changement climatique ?

L’énergie renouvelable est une priorité pour la Mauritanie, tant en termes de potentiel de notre pays que de notre engagement à lutter contre le changement climatique. Nous croyons que le secteur minier peut contribuer à la transition énergétique en produisant de l’acier à faible teneur en carbone grâce à la combinaison de la production de fer et d’hydrogène. Nous travaillons activement avec des partenaires tels que bp, ArcelorMittal et la SNIM pour explorer la possibilité de production de fer à réduction directe (DRI). Nous étudions des options de financement pour des projets d’hydrogène vert, en mettant l’accent sur la participation du secteur privé. Le gouvernement travaille à renforcer les relations avec les institutions financières de développement et les partenaires pour réduire les coûts en capital. Le “message de Nouakchott”, qui promeut l’hydrogène vert produit en Afrique, a suscité une attention positive de la part d’organisations telles que la Banque mondiale et des partenaires comme l’Allemagne.

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